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Archives Mensuelles: décembre 2011

Vivons heureux ,vivons caché

Des crocodiles extraordinaires vivant dans une caverne au Gabon

A l’occasion d’expéditions menées en 2010 et 2011, des chercheurs ont découvert des crocodiles nains et oranges ainsi que des centaines de chauves-souris vivant dans un réseau de galeries souterraines.

Crocodiles oranges nains.

(Olivier Testa)

Crocodiles oranges nains.

Au sein de deux réseaux de grottes karstiques situé au nord-ouest du Gabon, près d’Abanda dans la province de l’Ogooué maritime, une équipe de scientifiques, à la recherche de traces de présence humaine ancienne emmenée par le géoarchéologue Richard Oslisly, basé à l’Institut de recherche pour le développement (IRD) de Yaoundé (Cameroun), a découvert une population de crocodiles (Osteolaemus tetraspis) très particuliers, jamais recensés dans un habitat cavernicole.

Et pour cause : non seulement ils sont nains car ils mesurent entre 1,35 et 1,70 m de long selon le sexe par rapport aux 2 à 3 m du faux-gavial d’Afrique ou 5 à 6 m du crocodile du Nil, mais en plus ils sont d’une couleur très voyante : orange !

Exploré par un géologue de l’université de Rouen et un spéléologue de la Fondation Liambissi (une ONG franco-gabonaise s’occupant surtout du littoral et des tortues marines), le site est composé de deux grands réseaux karstiques longs de 350 et 400 m, distants entre eux de 900 m, et formés au sein de calcaires du crétacé. Chacun d’entre eux renferme au moins une quinzaine de conduits dont certaines portions sont ennoyées.

Une vie cavernicole

« C’est là qu’en 2010, nous  avons découvert deux crocodiles adultes (1,5 m), présentant une couleur orange vif », explique Richard Oslisly. Une caractéristique anatomique qui peut sembler étrange, les couleurs vives n’étant pas idéales pour se confondre avec la végétation tropicale et passer inaperçu vis à vis des prédateurs. Sauf si leur peau renferme des substances chimiques repoussantes ou quelques poisons bien dosés suffisamment dissuasifs.

« A priori, la couleur orange est en relation avec leur vie cavernicole, dans l’obscurité quasi complète : la peau orange serait donc le fruit de l’absence ou de la présence non fonctionnelle de mélanine, ce pigment qui, dans les cellules de la peau, sert à protéger l’organisme de l’action de la lumière solaire », poursuit le chercheur.

La peau orange serait peut-être un état intermédiaire car, souvent, la faune souterraine est blanche et même dépourvue d’yeux à l’âge adulte : c’est le cas chez des invertébrés, des araignées et des crustacées découverts en 1986 par des biospéléologues roumains et français dans la grotte de Movile, dans le sud-est de la Roumanie.

Une analyse ADN faite à partir de globules issus d’un prélèvement sanguin a permis aux zoologistes de l’université de Floride de confirmer qu’ils présentaient une divergence génétique et donc qu’il s’agissait d’une population isolée géographiquement.

Isolement génétique

En août dernier, les chercheurs ont pu capturer, faire des mesures (poids, taille, dimensions des membres) puis relâcher plus d’une quinzaine de spécimen. « A partir des contenus de l’estomac, mes collègues ont montré que les crocodiles cavernicoles se nourrissent exclusivement d’organismes présents dans les grottes (des insectes tels que criquets, blattes, scarabées et des chauves-souris), confirmant ainsi leur inféodation complète au milieu souterrain », poursuit Richard Olslisly.

Une vingtaine de crocodiles évoluant dans des cours d’eau extérieurs ont également été examinés. A l’avenir, les scientifiques vont chercher à savoir de quand date cet isolement génétique et s’il est dû à des facteurs géologiques, climatiques ou bien anthropiques, comme par exemple la pression des habitants locaux qui viennent chasser les chauves-souris dans les grottes.

Trois espèces de chauves-souris

Les chauves-souris, elles, appartiennent à trois espèces. On distingue Hipposideros ruber , au poitrail orange, forte de 50 000 individus, Hipposideros gigas  aux dents acérées, toutes deux insectivores, et enfin quelques grandes roussettes (Rousettus aegyptiacus ), de couleur rousse, atteignant 60 cm d’envergure, nocturnes et frugivores.

Les chauves-souris sont capturées avec des filets par les populations locales qui les consomment, mais leur prédateur naturel est le python.

Enfin, une équipe de tournage a accompagné les chercheurs pendant l’expédition Abanda 2011. En cours de montage, le film devrait être diffusé sur les chaînes françaises dans les mois à venir.

DENIS SERGENT

commentaire :

D’apres cet article on peut s’interroger sur le point suivant : « toute découverte scientifique doit -elle révéler ? » dans la mesure ou l’on connait l’incapacité des hommes à protéger efficacement les espèces rares ou en voie de disparition .

ps: voir article sur les cornes de rhinocéros saisie à Hong-Kong

 
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Publié par le décembre 16, 2011 dans Uncategorized

 

La science pour faire avancer l’humanité…part.2

Edwin Hubble n’a pas censuré Georges Lemaître

Lemaitre_einstein L’astronome Edwin Hubble avait-il censuré l’abbé Georges Lemaître (à gauche sur la photo à côté d’Einstein) pour lui enlever la gloire d’avoir découvert avant lui l’expansion des galaxies et de l’Univers ?

La question se posait depuis que des historiens avaient remarqué un curieux décalage entre l’article de l’abbé Lemaître, publié en 1927 en français dans les Annales de la Société Scientifique de Bruxelles et sa traduction en anglais, publiée en 1931 dans Monthly Notices of the Royal Astronomical Society. Il y manquait en particulier un paragraphe de l’article original faisant mention de la fuite des galaxies et l’expansion de l’Univers.

Après cette observation, il n’y avait qu’un pas à franchir pour accuser Edwin Hubble d’avoir conspiré en sous-main pour censurer Lemaître, ce que certains n’ont pas manqué de faire. Or, révèle l’astronome Mario Livio, du Space Telescope Science Institute à Baltimore, dans la dernière livraison de Nature, c’est… Georges Lemaître lui-même qui a réalisé la traduction, amputé son article original de quelques passages et notes, dont le fameux paragraphe.

Mario Livio appuie son affirmation sur la lecture d’une copie d’une lettre de Lemaître, conservée en archive, qui explique avoir enlevé ce passage car « il n’avait pas un grand intérêt ». Etrange décision, bien sûr. Mais incontestablement décision de Lemaître lui même.

Cette décision peut-elle se comprendre en relatant l’histoire de la découverte de l’expansion de l’Univers? Ce fut un processus qui commença en 1922 par une première observation de Vesto Slipher de la fuite de 41 galaxies… à l’époque baptisée nébuleuses car on ignorait leur véritable nature extra-galactique (hors de la Voie Lactée). En 1927, dans ce que Mario Livi qualifie de « revue relativement obscure » – les Annales de la Société Scientifique de Bruxelles – Lemaître publie un article où il s’intéresse à une solution dynamique, et non Etoilesstatique comme Einstein lui même au début, des équations de la Relativité Générale. Il propose donc un modèle d’Univers en expansion. Et il va plus loin, en calculant son taux (aujourd’hui baptisée « constante de Hubble« ) à l’aide des observations de Slipher et des mesures de distances de Hubble, publiées en 1926. Il obtient la valeur de 625 kilometres par seconde et par megaparsec (aujourd’hui, les cosmologistes la situent à environ 67 km par seconde par megaparsec).

Trois ans plus tard, Hubble publie son célèbre article, où il calcule ce qui deviendra la constante de Hubble à partir d’observations plus nombreuses et plus précises, et la chiffre à 500 km par seconde et par megaparsec.

A ce stade, on pourrait donc ré-écrire l’histoire des sciences, attribuer à Lemaître la paternité de l’idée et d’un premier calcul du taux d’expansion de l’Univers. Et donner à Hubble celle d’une confirmation de cette idée par des observations et calculs plus précis.

Mais pourquoi Lemaître s’est-il ainsi auto-censuré ? Peut-être en raison de son désintérêt total pour la « compétition » entre scientifiques – un truc inimaginable aujourd’hui à l’époque du « publish or perish ». Et qu’il considérait inutile de republier ses premiers calculs après la publication de Hubble de 1929. Ou d’une volonté très oecuménique de ne se facher avec personne, et surtout pas avec l’etablishment scientifique britannique et américain, dans la perspective d’intégrer la Royal Astronomical Society, ce qui sera fait en 1939. Ce point risque de demeurer mystérieux à jamais. Dans sa lettre il se montre surtout soucieux de faire paraître un article qu’il vient d’écrire sur l’Univers en expansion… qui sera publiée en 1931 par les Monthly Notices of the Royal Astronomical Society.

En revanche, souligne un éditorial de Nature, c’est une raison supplémentaire pour honorer la mémoireLivre robredo

du scientifique, par exemple en donnant son nom à un futur télescope spatial de l’Agence spatiale européenne ou de la Nasa. C’est d’ailleurs en raison de sa particippation au processus de nomination du fameux oir le dossier multimedia du Cnrs sur le Big-Bang.

commentaire:

Les sciences sont souvent présenter comme ayant pour but de recherché la vérité dans le but d’éclairé l’humanité toutefois  aussi intelligent et bien intentionné soit ces scientifiques ils n’en demeurent pas moins des hommes et les ambitions personnelles prennent souvent le dessus, le lien avec la politique est établi dans la mesure ou les politiques se présente comme étant aux service du peuple alors que la réalité veut qu’ils ne servent d’abord qu’eux même dans la majeur parti d’entre-eux .

 
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Publié par le décembre 15, 2011 dans Uncategorized

 

L’arbre le veritable meilleur ami de l’Homme ?

L’arbre, allié de taille

Un dormeur au pied d'un arbre dans le New Jersey.

Un dormeur au pied d’un arbre dans le New Jersey.AFP/Hunter Martin

Donnez-moi un arbre et je sauverai le monde, nous dit le botaniste Francis Hallé, qui vient de publier Du bon usage des arbres. Un plaidoyer à l’attention des élus et des énarques (Actes Sud). Prenons-le au mot. Par quel arbre commencer ? Le platane que planta Buffon en 1785, à l’entrée du Jardin des plantes, à Paris. Les visiteurs peuvent constater sa grande forme 226 années après, alors qu’il n’a jamais été taillé.

Car le platane vit très longtemps, comme beaucoup d’arbres. Il est même « potentiellement immortel », précise Francis Hallé : « Un homme est sénescent, c’est-à-dire programmé pour mourir. Pas un platane. » Après la chute des feuilles, la vie repart au printemps et l’arbre retrouve son génome juvénile. S’il n’était pas agressé par les accidents, les maladies ou les humains, le platane vivrait des siècles. « Quand on dit un platane centenaire, on parle d’un gamin en culotte courte », s’amuse le botaniste, qui connaît un olivier âgé de 2000 ans à Roquebrune-Cap-Martin (Côte d’Azur).

Ajoutons que l’arbre crée des colonies. Sexué, il distribue des graines alentour, mais il étend aussi des racines à partir desquelles des descendants poussent. Voilà pourquoi on trouve des platanes centenaires entourés de vieux frères, des peupliers se renouvelant depuis 10 000 ans dans l’Utah, des crésotiers (Larrea) de 13 000 ans dans le désert de Mojave (sud de la Californie), et un houx royal de 43 000 ans s’étalant sur un kilomètre, en Tasmanie. « L’histoire de notre espèce zoologique tient dans la vie d’un arbre. Cela devrait nous ramener à l’humilité« , philosophe Francis Hallé. C’est sans doute le premier service que nous rend l’arbre.

L’autre prodige de l’arbre est de résoudre ses problèmes sans bouger. C’est un bon citoyen, décoratif, taiseux, économe, calme et courageux. Il se contente de peu – lumière, eau, oligoéléments – et déjoue ses ennemis sans bruit, en développant un arsenal chimique. Un if produit des molécules qui éloignent souris et insectes et, ce faisant, il fournit le taxol à l’homme, un anticancéreux efficace. Et chacun sait que le tilleul ou le bouleau, le noisetier ou le citronnier donnent des médicaments.

UN ÉPURATEUR D’ATMOSPHÈRE

Nous, humains, avec nos 2mètres carrés de peau, sous-estimons la surface de l’arbre. Pour la calculer, il faut mesurer chaque feuille recto verso, ajouter la surface du tronc, des branches et rameaux, des racines longues et fines et des poils absorbants, sans oublier les poches dans l’écorce. Un arbre feuillu de 15 mètres occupe au total 200 hectares, l’équivalent de Monaco. Il double de poids quand il est mouillé. Toute cette surface respire, nous fait respirer.

« Grâce à la photosynthèse, l’arbre est notre meilleur allié dans la lutte contre le réchauffement climatique « , estime Francis Hallé. Le platane de Buffon, comme tout arbre, absorbe quantité de dioxyde de carbone (CO2), responsable de l’effet de serre. 20 % à 50 % de la matière produite par l’arbre – bois, racines, feuillages, fruits… – est constituée de CO2. Ainsi, en respirant, l’arbre épure l’atmosphère. Il séquestre le dioxyde de carbone et les polluants urbains tels que les métaux lourds, le plomb, le manganèse, les suies industrielles, les oxydes d’azote et de soufre, l’ozone… Ceux-ci sont dissous par l’eau intérieure, puis stockés dans le bois. C’est pourquoi il faut couper les vieux arbres le moins possible. Plus ils sont grands, plus ils purifient l’air.

En même temps, l’arbre libère l’oxygène qui nous fait vivre, l’O2. Un humain adulte consomme environ 700 grammes d’O2 par jour, soit 255 kg par an. Pendant ce temps, un arbre moyen en produit 15 à 30 kg. Il faut donc une dizaine d’arbres pour oxygéner un homme. En plus, l’arbre humidifie et rafraîchit l’atmosphère par évaporation et transpiration. Une zone boisée de 50 m2 fait baisser la température de 3,5 °C et augmente le taux d’humidité de 50 %. L’agitation des feuillages, surtout des conifères, libère des ions négatifs qui auraient un effet bénéfique sur la santé et l’humeur. Et l’arbre accueille nombre d’espèces utiles.

Pascal Cribier, jardinier talentueux, habite au-dessus du jardin du Luxembourg, à Paris. Il désigne la cime rougeoyante des arbres : « Nous ne voyons que la moitié d’un arbre. Nous n’imaginons pas l’activité souterraine, la taille et la force de ses racines, les espèces qui vivent en symbiose avec lui. Nous oublions que, sans les arbres, le sol se dégrade vite, et pour toujours. » C’est cette part secrète, souterraine, qui a décidé de la vocation de Pascal Cribier, à 18 ans. Il voulait comprendre, planter, mettre les mains dans la terre.

Devenu un artiste du jardin, il a exposé dans des galeries des blocs de racines noueuses. Il faut savoir que sous-bois, racines et sous-sols font vivre champignons, lichens, fougères, plantes épiphytes, insectes, vers et mammifères. Sous terre, les racines font circuler des tonnes d’eau pour abreuver les feuilles. Souvent, elles dépassent en longueur les branchages. Ainsi, le jujubier de Libye, haut de 2 mètres, possède des racines de 60 mètres.

« L’homme ne saurait vivre sans l’arbre, et il le menace partout, s’étonne Francis Hallé. Pourtant, la réciproque n’est pas vraie… » Les Nations unies ont déclaré 2011 Année internationale de la forêt. Les arbres abritent 50 % de la biodiversité terrestre et apportent la subsistance à 1,6 milliard d’humains.

Les enquêtes de l’ONU et du REDD – programme des Nations unies qui vise à réduire les émissions de CO2 causées par la déforestation et la dégradation des forêts – montrent que la moitié des forêts de la planète a été détruite au XXe siècle. Ainsi, 7,3 millions d’hectares de forêts tropicales ont disparu chaque année entre 2000 et 2005, soit 20 000 hectares par jour. Résultat, la déforestation et la dégradation des forêts tropicales contribuent pour 15 % à 20 % aux émissions de CO2 : brûlés, abattus, les arbres libèrent leur carbone.

A l’inverse, l’ONU estime que des plantations d’arbres pourraient compenser 15 % des émissions de carbone dans la première moitié du XXIe siècle. « J’ai plaqué mon chêne/Comme un saligaud », chantait Georges Brassens…

De l’aspirine au papier

Prenons un citadin qui déguste en terrasse une salade à l’huile d’olive et au citron avec des pignons, puis commande une omelette aux truffes et un verre de chablis. Au dessert, poire belle-Hélène accompagnée d’un café à la cannelle. En digestif, une goutte de vieux gin. Ensuite, après une aspirine, il prend quelques notes avec un stylo jetable sur un carnet. Cet homme vient de mettre quinze arbres à contribution. Un frêne pour sa chaise, un orme pour la table, un olivier, un pin parasol, un citronnier, un chêne pour la truffe, un robinier (faux acacia) pour le fût du vin blanc, un poirier et un cacaoyer, un caféier, un cannelier, un genévrier, un saule pour l’aspirine, du ricin pour le plastique, un pin sylvestre pour le papier. Nous ne saurions vivre sans les arbres.

La ville non plus. Octobre 2011 était le Mois international de l’arbre et de la forêt des villes. Ainsi en a décidé la FAO. Pourquoi protéger l’arbre citadin ? En 2030, 70 % de la population de la Terre vivra en ville. Il faudra la nourrir. Le monde rural n’y suffira pas. Déjà, l’agriculture urbaine et périurbaine existe dans les friches et bidonvilles. Les citadins pauvres plantent des arbres et des légumes pour se nourrir. Depuis des années, la FAO leur procure assistance et crédits.

En Europe, Bruxelles protège les 5 000 hectares de la forêt de Soignes, en pleine ville ; Zurich fait de même, Barcelone a classé sa forêt riveraine, Nantes prévoit de planter 1 400 hectares d’arbres à ses portes. Julien Custot, expert à la FAO, explique : « L’arbre urbain est fondamental pour préserver les sols, contenir les inondations, apporter de l’énergie, pourvoir des aliments sains. Il rend les villes plus agréables, plus fraîches. Il nous faut une vraie politique de foresterie urbaine. » Le jardinier écologiste Gilles Clément ajoute : « L’urbanisme jouit d’un grand prestige dans un monde assujetti au principe économique « quand le bâtiment va, tout va ». Un jardinier penserait plutôt : « Quand le jardin va, tout va ». Il faut nourrir le monde avant même de le loger. »

L’économiste indien Pavan Sukhdev, codirecteur de la Deutsche Bank de Bombay, est une des têtes chercheuses des TEEB, The Economics of Ecosystems and Biodiversity. C’est lui qui, en octobre 2010, a chiffré les services rendus par les écosystèmes à la conférence de Nagoya sur la biodiversité, dont la France vient de signer le protocole. Il calcule la valeur économique de la nature et ses dégradations. Après trois ans d’enquêtes menées par cent experts, « les gros chiffres impressionnent », affirme-t-il. Si nous divisions par deux le rythme de la déforestation d’ici à 2030, les réductions d’émission de CO2 allégeraient de 2 600 milliards d’euros le coût du réchauffement. L’érosion de tous les écosystèmes terrestres – forêts, sols ou encore zones maritimes – nous fait perdre entre 1 350 et 3 100 milliards d’euros chaque année. « Cette invisibilité économique des écosystèmes, explique Pavan Sukhdev, a mené à la crise écologique. »

En jardinier, Pascal Cribier s’inquiète de ces chiffres : « Un arbre est inestimable, ce qu’il nous apporte n’a pas de prix… »

commentaire:

Cet article nous permet d’observer l’inaction des politiques , en dépit  des constatant scientifique font état d’une situation gravi-cime aucune mesure concrète n’est prise pour stopper la déforestation , plus grave sachant que les arbres sont d’une utilité vitale il n’en est rien.

 
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Publié par le décembre 10, 2011 dans Uncategorized

 

Loppsi = légalisation de l’ espionnage ?

Comment la Loppsi légalise l’espionnage des ordinateurs

François Krug
Journaliste Rue89

La touche Ctrl d’un clavier d’ordinateur (Fatbwoy/Flickr)

C’est une mesure radicale, perdue dans le fourre-tout de la Loppsi : la loi sur la sécurité autorise la surveillance des ordinateurs. La police pourra s’introduire discrètement chez les suspects pour installer des mouchards. Pour le gouvernement, ce n’est qu’une modernisation des écoutes téléphoniques.

« Mouchards », « logiciels espions »… le gouvernement évite prudemment les mots qui font peur. Le texte de la Loppsi évoque pudiquement la « captation des données informatiques » :

« Un dispositif technique ayant pour objet, sans le consentement des intéressés, d’accéder, en tous lieux, à des données informatiques, de les enregistrer, les conserver et les transmettre, telles qu’elles s’affichent sur un écran pour l’utilisateur d’un système de traitement automatisé de données ou telles qu’il les y introduit par saisie de caractères. »

Affaires de vol, drogue, proxénétisme ou immigration clandestine

En clair, la police sera autorisée à surveiller tout ce qui se passe sur l’ordinateur des suspects : tout ce qu’ils tapent sur leur clavier, des e-mails aux chats, tous les sites qu’ils consultent, tous les fichiers qu’ils téléchargent.

Voici exactement ce que prévoit l’article 23 de la Loppsi, qui autorise cette « captation des données informatiques » :

  • Qui est visé ? Pas seulement les terroristes présumés, mais toutes les personnes suspectées de crimes en « bande organisée », qu’il s’agisse de vols, de trafic de drogue, de proxénétisme ou encore d’aide à l’immigration clandestine.
  • Comment ça marchera ? Pour installer les mouchards, la police pourra discrètement s’introduire au domicile du suspect, dans sa voiture ou dans n’importe quel local, et à toute heure (sans les limites imposées aux perquisitions qui ne sont autorisées, hors affaires de terrorisme, qu’entre 6 heures et 21 heures).La loi ne précise pas les outils informatiques utilisés (« cheval de Troie », surveillance en amont au niveau du fournisseur d’accès…).
  • Combien de temps ça durera ? La surveillance durera quatre mois au maximum, mais pourra être renouvelée pour la même durée « à titre exceptionnel », si l’enquête l’exige.
  • Quelles sont les garanties prévues ? L’opération ne sera menée que par des officiers de police judiciaire, elle devra être autorisée par un juge d’instruction et dument motivée. Si elle est menée au domicile du suspect, une autorisation d’un juge des libertés et de la détention sera également nécessaire.Les informations sur la vie privée qui ne concernent pas l’enquête ne pourront pas être conservées. Comme pour les écoutes téléphoniques, les avocats, les magistrats et les parlementaires sont protégés.

« La seule garantie, c’est le juge d’instruction… qu’on va supprimer »

Des garanties qui ne garantissent rien, s’insurge Jean-Pierre Dubois, président de la Ligue des droits de l’homme. L’autorisation du juge d’instruction ne suffit pas, et la criminalité en « bande organisée » est une notion trop floue, a-t-il expliqué à Rue89 :

« La seule garantie présentée par le gouvernement, c’est que ce sera sous le contrôle du juge d’instruction. On veut justement supprimer le juge d’instruction, donc c’est une garantie post mortem…

Il faut confier ça à une autorité judiciaire indépendante, et fixer des limites sur les types d’affaires concernées. Là, la police peut le faire pour n’importe quoi et pour n’importe qui. »

Pour le gouvernement, le texte ne fait qu’adapter à Internet le principe des écoutes téléphoniques. En somme, c’est une simple modernisation des techniques policières. Pour Jean-Pierre Dubois, cette surveillance des ordinateurs ouvre en fait la voie à « un contrôle social total » :

« On a déjà des caméras dehors, on aura des mouchards sur les ordinateurs, la prochaine étape ce sera une caméra dans la salle de bains. »

commentaire :

cet article illustre  encore une fois la récupération  d’avancées scientifiques à des fins politiques , il révèle également l’impuissance des sciences à contrôler l’usage que l’on en fait notamment en matière politique.

 
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Publié par le décembre 1, 2011 dans Uncategorized

 

La science pour faire avancer l’humanité ?

Un Nobel de chimie trop solitaire ?

Shechtman  Depuis l’attribution du prix Nobel de chimie 2011 à Dan Shechtman pour la découverte des quasi cristaux, les courriels plus ou moins virulents s’échangent dans la communauté scientifique.

En particulier en France où plusieurs chercheurs considèrent que le comité Nobel a fait un choix contestable. Non pas en décernant son prix à Dan Shechtman (photo, Technion – Israel Institute of Technology) , mais en n’utilisant pas la possibilité de le partager en trois.

Les deux autres lauréats, estiment-ils auraient dû se nommer John Cahn et Denis Gratias. Un Américain et un Français, tous deux co-signataires avec Shechtman et Blech du «papier fondateur» de 1984, expliquent Cyrille Barreteau, physicien au Commissariat à l’Energie Atomique et Elin Sondergard, physicienne directrice de l’Unité Mixte CNRS/Saint-Gobain, dans une tribune que je publie ci-dessous.

Leur argument central consiste à défendre l’apport respectif des trois chercheurs dans la construction non seulement de la découverte initiale mais aussi de son interprétation physique. Puis de l’ouverture d’un champ nouveau à la science. Ils défendent ainsi une conception plus large de l’acte de découverte, au delà de la surprise expérimentale, dans ce cas celle d’un pavage de cristaux non périodiques, en rupture avec la théorie en vigueur à l’époque qui ne connait de cristaux que périodiques, répétitifs à l’infini. D’où leur appellation de « quasi-cristaux », car ils ne se répètent pas à l’infini, comme le pavage d’un jeu de dames. Ce qui a contraint Shechtmann à un dur combat pour convaincre de la réalité de ce qu’il voyait dans son microscope électronique au National Institute of Standards and Technology (NIST) des Etats-Unis où il travaillait à l’époque.

Le cas de Denis Gratias, du Cnrs, attire bien entendu l’attention, car cela aurait fait coup double avec le Nobel de médecine de Jules Hoffmann. Il est membre de l’Académie des sciences, directeur de recherche au Cnrs, dans le laboratoire mixte Cnrs/Onera. L’Onera a d’ailleurs présenté Denis Gratias comme «très concerné par le Nobel de chimie». Une manière très polie de dire les choses…

L’histoire de l’article fondateur est la suivante : Shechtman, après son observation surprenante et contestée dans son groupe, se tourne vers son ancien directeur de thèse, Ilan Blech, au Technion en Israël. Ils écrivent ensemble un article pour Journal of Applied Physics… qui le leur retourne avec un commentaire disant en substance « votre truc est trop étrange, prouvez-le mieux ».

Cahn, Shechtman, Blech, Gratias Shechtmann et Blech font alors appel à Cahn et Gratias pour les renforcer. Gratias démontre en particulier que leur observation est reproductible – un succès décisif en science expérimentale – dans son laboratoire avec ses propres instruments. Ils écrivent donc un nouvel article à quatre mains qu’ils envoient à Physical Review Letters qui le publie. Cette histoire prouve que l’argument des deux chercheurs est bon… mais soulève un lièvre : pourquoi Cahn et Gratias et pas Blech ? (photo, les quatre chercheurs, en 1995 à Avignon, Cnrs Pierre Grumberg, Gratias est le dernier à droite).

Il y a des arguments qui pourraient justifier un tel choix, mais comme le Comité Nobel – qui connait cette histoire car elle est racontée dans le dossier publié avec le prix – peut partager en trois mais pas en quatre, cela pourrait expliquer sa décision par le refus de choisir celui des trois qui ne l’aurait pas. Le plus curieux de l’affaire serait – d’après une confidence d’un chercheur que je ne peux vérifier – que Denis Gratias est d’une modestie exemplaire et avait suggéré il y a quelques années au comité Nobel de choisir les trois autres et de l’exclure lui… Elle peut aussi se justifier par la décision de ne retenir de cette histoire que le moment initial, de la découverte expérimentale, sans considération pour le travail d’interprétation qui a suivi. Elle montre aussi qu’un comité de lecture d’un journal très sérieux peut refuser de publier un article… qui vaut le Nobel !

Les oubliés du Nobel de chimie 2011 ou l’histoire d’un « quasi » prix Nobel pour la France.

Cette année le comité Nobel a décidé d’attribuer le prix Nobel de chimie à Daniel Shechtman (Technion, Israël) pour la découverte des quasicristaux. Cette découverte fut une véritable révolution notamment dans le domaine de la science des matériaux qui a d’ailleurs mis du temps avant de l’accepter. Elle a ouvert un nouveau champ de recherche et donné naissance à une communauté scientifique très active tant du point de vue expérimental que théorique.

L’annonce de ce prix Nobel couronnant un travail qui a brisé un des paradigmes fondateurs de la cristallographie était attendue depuis longtemps par la communauté scientifique. Le Lauréat Daniel Shechtman mérite sans conteste ce prix, il a su persévérer et continuer à croire en ses expériences paradoxales de diffraction (électronique et rayons X). Cependant deux signataires du papier fondateur de 1984 [1], à savoir John Cahn (NIST, Etats Unis) et Denis Gratias (CNRS, France) ont également apporté une contribution essentielle. Or celle-ci est à peine mentionnée dans le communiqué de la commission du Nobel alors que ces deux théoriciens ont joué un rôle non seulement dans l’interprétation des expériences initiales mais aussi par la suite en faisant émerger un nouveau domaine très fécond, jetant des ponts entre les disciplines (physique, chimie, mathématiques, géométrie, et même artistique [2].)

Le prix Nobel qui récompense des avancées majeures de la connaissance scientifique a également un impact important dans la société civile. L’attribution (ou non) d’un prix Nobel n’est donc pas anodine et a des conséquences au delà de la seule sphère scientifique. Il est certes difficile de retracer l’origine d’une rupture scientifique et l’épopée des Nobel comporte plusieurs exemples célèbres de scientifiques oubliés.

Le choix de la commission du Nobel de ne récompenser que le découvreur initial des quasicristaux en négligeant l’apport de l’interprétation théorique pour faire émerger un nouveau paradigme propose une vision très restreinte de la conception d’avancée scientifique. La plupart des scientifiques reconnaissent qu’une découverte résulte d’une heureuse rencontre entre plusieurs compétences et domaines. Un des enjeux majeurs de la science aujourd’hui est justement de faire émerger des nouveaux champs à l’interface entre diverses disciplines. La commission du Nobel a cette année décidé d’appliquer une définition limitée de la notion de découverte. Nous espérons que la communauté scientifique notamment française (qui a été très active dans le domaine des quasi cristaux) saura rendre un hommage appuyé à ces oubliés du Nobel.

Cyrille Barreteau, physicien au Commissariat à l’Energie Atomique.

Elin Sondergard, physicienne directrice de l’Unité Mixte CNRS/Saint-Gobain.

commentaire:

Les sciences sont souvent présenter comme ayant pour but de recherché la vérité dans le but d’éclairé l’humanité toutefois  aussi intelligent et bien intentionné soit ces scientifiques ils n’en demeurent pas moins des hommes et les ambitions personnelles prennent souvent le dessus, le lien avec la politique est établi dans la mesure ou les politiques se présente comme étant aux service du peuple alors que la réalité veut qu’ils ne servent d’abord qu’eux même dans la majeur parti d’entre-eux .

 
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Publié par le décembre 1, 2011 dans Uncategorized